D'où vient ce schéma

Ce comportement s'ancre souvent dans un besoin de sécurité émotionnelle. Dans une structure organisationnelle, la réunion devient un espace de validation : être présent, c'est exister aux yeux du groupe. Pour certains, multiplier les points de contact est une réponse inconsciente à l'anxiété d'être invisible ou exclu par le collectif.

D'un point de vue neurobiologique, le cerveau privilégie parfois la gratification immédiate de l'appartenance (libération d'ocytocine via l'interaction sociale) au détriment de la performance cognitive à long terme. Le passage constant d'une réunion à une autre crée un état d'hyper-vigilance qui épuise les ressources du cortex préfrontal.

✦ Ce que la recherche dit
Le 'coût de commutation' (switching cost) réduit drastiquement la capacité de concentration profonde, tandis que l'anxiété liée à l'incertitude des objectifs pousse le cerveau à chercher des rituels sociaux répétitifs pour calmer le système limbique.

Comment il se manifeste

Il se traduit par la 'présence performative' : on accepte ou on organise des réunions dont l'ordre du jour est flou parce que le simple fait d'être ensemble réduit l'anxiété de performance. On confond alors la présence physique avec la collaboration réelle.

Sur le plan cognitif, cela génère une fragmentation de l'attention. Chaque réunion sans but précis agit comme une micro-agression pour la mémoire de travail, forçant le cerveau à réinitialiser son contexte mental en permanence, ce qui mène inévitablement à la fatigue décisionnelle.

"La multiplication des réunions stériles est souvent le symptôme d'une peur de l'isolement plutôt qu'un manque d'efficacité opérationnelle."

Comment s'en dégager

Le chemin vers la libération commence par la reconnaissance du besoin sous-jacent : demandez-vous si votre présence à une réunion spécifique est motivée par un objectif concret ou par le besoin de rassurer votre sentiment d'appartenance. Identifier ce mécanisme permet de désamorcer l'automatisme.

Pour protéger votre espace cognitif, pratiquez la 'déconnexion intentionnelle'. Établissez des protocoles de communication asynchrones et imposez des structures strictes aux échanges synchrones. L'objectif est de passer d'une culture de la présence à une culture de l'intention.