Le mécanisme du filtrage thalamique
La sensibilité sensorielle repose sur la capacité — ou l'absence de capacité — du thalamus à filtrer les stimuli non pertinents. Pour un individu hypersensible, le 'volume' du monde est simplement réglé trop fort : le bourdonnement d'un néon ou la texture d'un vêtement ne sont pas interprétés comme des menaces, mais comme des données brutes envahissantes.
Imaginez une maison dont les murs seraient en papier : chaque mouvement dans la rue devient un fracas assourdissant à l'intérieur. Dans ce cas, le résident n'a pas peur que quelqu'un entre (anxiété), il est simplement épuisé par le bruit constant de la vie extérieure (sensibilité).
L'intersection des schémas et de la réactivité
Si les deux mécanismes sont distincts, ils peuvent s'alimenter mutuellement. Un système nerveux déjà saturé par une forte sensibilité sensorielle réduit le seuil de tolérance émotionnel : une surcharge sensorielle peut alors déclencher un épisode d'anxiété réactionnelle.
L'enjeu clinique réside dans la distinction entre 'l'alarme' (le signal d'alerte du système nerveux face au bruit) et 'la narration' (le récit anxieux que l'esprit construit autour de ce bruit). Identifier lequel des deux processus est prédominant permet de choisir entre une régulation sensorielle ou un travail sur les schémas d'attachement.