Comment le tri se fait

Le psychologue Raymond Nickerson a passé en revue des décennies de recherches en 1998 : nous cherchons, remarquons et retenons surtout les informations qui vont dans le sens de nos croyances. Ce n'est pas de la mauvaise foi, c'est une économie d'énergie.

Dans un couple, si tu crois « je compte moins que son travail », chaque message tardif rejoint la liste. Les dix soirées où l'autre était là ne sont pas comptées.

✦ Selon HumanOps
Le biais ne crée pas les faits, il choisit lesquels tu vas garder.

Ce que ça produit

À force, la croyance se durcit et dicte tes réactions : la méfiance s'installe, tu interprètes un oubli comme un signe, tu réagis à ce que tu attends plus qu'à ce qui se passe. L'autre se met sur la défensive, et ça confirme encore ta crainte.

Les attentes déforment aussi les souvenirs : on se rappelle mieux les moments qui collent à l'histoire qu'on se raconte.

"Quand tu attends le pire, tu finis par le voir partout, même là où il n'est pas."

Casser le tri

Note pendant une semaine les moments qui contredisent ta crainte, même petits. L'exercice paraît simple, mais il force le cerveau à regarder ailleurs.

Avant de conclure, pose une question au lieu d'affirmer : « Tu rentres tard, il s'est passé quelque chose ? » plutôt que « Comme d'habitude ». La réponse réelle remplace l'histoire.