La prière de la sérénité

Reinhold Niebuhr, années 1930-1940

Les Alcooliques anonymes la récitent depuis 80 ans. Un esclave grec avait dit presque la même chose 1 800 ans plus tôt.

Pour toi si tu t'épuises sur ce que tu ne peux pas changer

Cette sagesse peut t'aider si…

  • tu t'épuises sur ce que tu ne peux pas changer
  • tu stresses facilement
  • tu sors d'une addiction ou tu accompagnes quelqu'un

Moins utile si…

  • tu ne veux pas de texte d'origine religieuse : la version laïque est sur la fiche
Pas sûr ? Trouve ton penseur du moment →

D'où ça vient

Le théologien américain Reinhold Niebuhr l'écrit pour un sermon, sans doute dans les années 1930. Les Alcooliques anonymes la découvrent dans un journal au début des années 1940 et l'adoptent. Elle se répand ensuite bien au-delà, souvent sans sa première ligne religieuse. On ne garde ici que sa part de sagesse.

L'idée clé : Accepter, changer, faire la différence

Le texte demande trois choses : la sérénité d'accepter ce qu'on ne peut pas changer, le courage de changer ce qu'on peut, et la sagesse de faire la différence. C'est presque mot pour mot la première phrase du Manuel d'Épictète : certaines choses dépendent de nous, d'autres non.

« Donne-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer celles que je peux, et la sagesse d'en connaître la différence. »
Reinhold Niebuhr, version courante adoptée par les Alcooliques anonymes · traduction française usuelle, citation courte

À faire aujourd'hui : Les deux colonnes

  1. Prends ce qui te stresse le plus en ce moment.
  2. Fais deux colonnes : ce que je peux changer, ce que je ne peux pas changer.
  3. Pour la première, choisis une action à faire cette semaine. Pour la seconde, écris une phrase pour la laisser de côté.

Ce qu'en dit la science aujourd'hui

Les chercheurs parlent de flexibilité face au stress. Agir sur le problème marche mieux quand la situation est contrôlable ; quand elle ne l'est pas, mieux vaut travailler sur ce qu'on ressent. Une grande synthèse de 2014 montre que les gens qui savent passer de l'un à l'autre selon la situation s'adaptent mieux aux coups durs.

Les limites

« Accepter » peut servir d'excuse pour ne rien faire. Et la frontière entre ce qu'on peut et ne peut pas changer n'est pas toujours nette : c'est justement là que la « sagesse » doit travailler.

Sources

  • Lazarus & Folkman (1984), Stress, Appraisal, and Coping
  • Cheng, Lau & Chan (2014), Psychological Bulletin

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